Escalade de H2O

 

Vapeurs d’éternité

 

Saison 2008-2009 : diaporama ici

 

Saison 2007-2008 : Diaporama - Escapade 2008 - Vidéo de Stormy Monday

 

Saison 2006-2007

 

Le sommet

 

Comment mieux terminer la saison en beauté et en goûteur que par Monroe Brook Slide, le 1 avril, entre amis ? Je vous laisse deviner l’emplacement. Au menu : une approche dégagée et un couloir continu et élégant, offrant plusieurs itinéraires. A la jonction principale, nous avons choisi la fourche de gauche, qui se fait sans corde, mais requiert tout de même crampons et piolet compte tenu de l’angle et de la longueur du couloir : près de 1.5 km de pur délice. La neige était dure comme du névé, conférant un caractère très alpin à l’itinéraire, qui débouche dans les alpages situés tout juste sous l’arête du Crawford Path. Une classique à répéter !

 

Les névés sommitaux

 

Le 17 mars était un lendemain de grosse tempête. Une autre! Nous avons donc opté pour la très courte approche de Parasol Gully, d’autant plus que Charles n’avait jamais gravi cette classique. Après s’être découpé une tranchée jusqu’au pied de la voie, les premiers mètres sur glace mince ont eu raison de la lame d’un des Vipers de Charles ! Plus haut, une neige profonde et inquiétante précédait la sortie, qui présentait d’énormes parapluies ! Le 21 mars, j’ai eu la chance de cristalliser mon rêve de l’année, soit faire Glass Ménagerie à Willo, en tête. Jules et moi avons bénéficié d’une journée parfaite ! La première longueur annonçait heureusement de la bonne glace. J’ai réussi à faire un relais qui n’était pas dans la ligne de tir des gros parasols qui coiffaient le sommet de la voie, autant à gauche qu’à droite. Cependant, mon relais était presque dans l’axe de la 2e longueur, ce qui me rendait nerveux face à Jules. Au milieu du pilier, j’ai été habité par un doute existentiel et je me suis longé « à sec »  sur une vis. J’ai alors pu prendre une photo entre mes jambes : capotant ! Le restant, incluant le passage-clé un peu en surplomb, a super bien été, sur du hero ice  comme disent les américains ! Here and now. Le geste réinventé à chaque placement.  Le voyage intérieur. Je n’ai revu Jules qu’à la sortie, ayant fait mon relais dans les arbres du sommet. Impossible de mieux célébrer l’arrivée du printemps ! Dire que je n’avais jamais complété une voie à Willo après le 5 mars jusqu’à ce jour. L’hiver 2007 aura été long à démarrer mais il aura finalement  offert de la superbe escalade de glace, souvent par grand froid ! Mais le 24 mars s’annonçait lui beau et chaud. Pas de meilleures conditions pour inviter Étienne à aller escalader un des couloirs alpins de Huntington Ravine au mont Washington. L’approche par le Tuckerman Ravine trail  s’est faite dans l’ombre et la lumière. Il y avait déjà des dizaines de grimpeurs à notre arrivée au pied de Huntington, dont plusieurs cordées déjà en attente au pied de Pinnacle Gully, notre but pour la journée. Nous avons donc opté pour O’dell’s Gully, malgré le fait que plusieurs cordées y étaient déjà engagées.  Les rochers qui donnent accès au pied de la voie étaient impeccablement secs, au grand bonheur de Diane ! Aucune cordée ne l’occupant, j’ai opté pour le côté droit de O’dell’s, soit l’option la plus difficile quoique très raisonnable (3+). La glace était parfaitement molle sous nos coups de piolets. Après la deuxième longueur de glace, la sortie se fait d’abord dans un vague sentier broussailleux, et ensuite dans des rochers au-dessus de la sortie de Pinnacle, avec une vue imprenable sur North Gully, de l’autre côté du ravin, où évoluaient d’autres grimpeurs.  Pendant les mois d’été, je préférerai me remémorer les souvenirs partagés de la vue superbe qu’on a de l’alpine garden plutôt que de la descente dans Escape Hatch, où j’ai défoncé à répétitions ! « Never again %$* », me suis-je promis !

 

Les mâcons supérieurs

 

Nous pensions bien que les grands froids et la glace cassante seraient derrière nous le 24 février. Et bien non ! Louis a fait une belle tentative dans Plug and Chug à Willo mais Jules et moi l’avons pratiquement convaincu de cesser le combat, après un court caucus dans la grotte. Bâtard que c’était frette ! Toute une autre histoire que le 25 février : Crazy Diamond brillait comme une pierre précieuse au soleil, sur fond d’encre bleue. Diane a apprécié la température clémente et les sections verticales de son premier NEI 4+ et mis en application les trucs de gestion de cordes de Louis, pendant que je me désaltérais du paysage. Ce sourire de satisfaction à la sortie du dernier rideau vertical en dit long sur la journée la plus agréable de l’année (jusqu’à maintenant…) à Willo. Le 28 février, notre plan B a été rapidement activé, même si nous sommes arrivés tôt en prévision de la température douce annoncée. Louis m’a tordu le bras J pour refaire Crazy Diamond, en sortant la voie cette fois complètement à gauche des colonnes intermédiaires, pour un résultat plus qu’intéressant. La sortie était aussi spectaculaire que 3 jours plus tôt. J’aime vraiment cette voie ! Je me suis ensuite tapé la première longueur de Twenty Below, en glace « styrofoam ». La neige fondait déjà pas mal en bas…Comme une cordée brettait dans le haut de la 2e longueur, nous sommes redescendus sur un Abalakov. Suite à un départ tardif le 4 mars, Diane et moi nous sommes cognés le nez sur un « complet » au pied de Float like a Butterfly, Twenty Below (2 cordées), Glass Menagerie, Crazy Diamond, Left Tablets (3 cordées), Center Tablets et Right Tablets ! Nous avons donc jeté nos lames de piolet sur un superbe pilier complètement à droite des Left Tablets, la météo nous en faisant voir de toutes les couleurs. Tôt le 7 mars, le mercure dormait encore au fond de sa colonnette, pour nous annoncer qu’il s’agissait là du matin le plus froid de l’hiver. Il aurait été plus raisonnable d’enfiler nos mitaines et d’aller gravir Shoestring Gully à Crawford mais le soleil étant de la partie, nous avons opté pour Twenty Below à Willo. Grande surprise, il n’y avait pas une âme dans les parages à notre arrivée, de sorte que nous avons dû faire la trace jusqu’à la base.  Alors que nous étions dans la 2e longueur, un immense morceau de glace s’est détaché du sommet de Glass Menagerie. Heureusement, notre relais était suffisamment à gauche pour être à l’abri de la menace des parapluies géants qui coiffent la paroi. Malgré le vent froid qui s’est levé en après-midi, l’escalade a été mémorable ! Le 9 mars, espérant une température douce (doh!), Dracula était dans notre mire (eh oui, encore une fois dans mon cas!). A notre arrivée au pied de la voie, la sortie était occupée par une cordée dont l’assaut avait causé une grosse fracture dans la glace, juste dans le crux ! Je me suis ensuite fait plaisir dans les premiers tiers mais une fois rendu à l’endroit en question, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas continuer dans la sortie normale, sans risquer de tout faire tomber (je venais de plus d’atteindre Diane d’un gros morceau sur la cuisse…). Obstinément, j’ai réussi à ponter 2 m à droite de la sortie, dans le passage le plus flyé que j’ai eu à faire cette année ! Diane a fait ca les doigts dans le nez ! Larry aurait été fier de voir ca.

 

Les mâcons intermédiaires

 

Le thème de la journée du 11 février était probablement « Get high on Willoughby ». Toute une expédition que de monter à la base de Shaker Heights. Vraiment. Heureusement que Diane et Louis ont pris les sections de bushwack de l’approche en…disons en riant, avec Louis qui forçait le chemin ! Mais comme il ne ventait pas et que le soleil brillait, il n’était pas question de se plaindre. La première longueur de glace, quoique mince au départ, est longue et belle. Suit une rampe facile vers la droite, qui mène à un relais sur un arbre au pied de la 3e longueur. Mais comme il était 15h00 heures, nous avons opté pour redescendre, en raison des quatre rappels qui nous attendaient (il faut ajouter 2 rappels dans un couloir de neige et de roche). Sage décision car nous sommes arrivés au chemin à 18h00, à la noirceur. La froidure cassante du 13 février ne nous a pas empêchés de quitter Sherbrooke à 6h00 (par une température de -30C !) pour se taper les 285 km qui nous séparaient de Topaze en Mauricie.  La rivière était heureusement (contrairement à notre tentative d’il y a 2 ans) gelée de bord en bord. Après le changement de vêtement obligatoire (dans mon cas), j’ai vraiment apprécié la première longueur de 50 m, sur une dalle inclinée à 70 degrés. Charles a par la suite pris le contrôle de la corde pour gravir la 2e longueur (50 m), plus facile (pas de photos – j’étais trop gelé), jusqu’à un relais spacieux au sommet d’un gros bloc de roche qui sépare Topaze de la voie Opale. Chuck s’est par la suite élancé dans la 3e longueur (50 m), longue, sèche et fragile, en faisant tomber de très gros morceaux.  La noirceur nous a accueillis comme nous complétions la traversée du St-Maurice, pour arriver à l’auto à 18h05. Nous étions de retour à Sherbrooke à 21h10, après avoir encouragé, en vain, les Canadiens : « HU_èè ! ». Ah oui, côté logistique, le take-out du McDo de Grand-Mère nous a sustentés à l’aller et au retour ! Le 17 février, nos rêves de gravir Fantasma  n’ont pu se réaliser, faute de glace dans la voie. Nous nous sommes donc rabattus sur un coin que nous ne connaissions pas, soit Vimy Ridge. Croyant nous diriger vers Jaune Minéral (nous n’avions pas le livre-guide), nous avons abouti au pied de Kamikaze, après avoir suivi aveuglément une trace fraîche laissée par 2 cordées différentes (heureusement car nous n’avions pas de raquettes non plus…). Merci à Jean-Pierre Graillon, Isabelle, Benoît et Mathieu ! Cette voie offre de jolis cours ressauts verticaux. Diane et Charles semblent avoir apprécié la température douce, à en juger par leurs mines. Le 18 février, j’ai finalement eu le dessus (mais humblement!) sur Renormalization à Willo. Après les encouragements bien dosés de Jules, je suis remonté lentement vers les deux vis que j’avais placées avant de me laisser redescendre au relais me questionner, tout pompé que j’étais. En prenant une ligne un peu plus à droite pour éviter la glace hyper cassante que j’avais affrontée à ma première tentative, j’ai réussi à avoir de meilleurs placements qui m’ont permis de conserver mon énergie et sortir dans les beaux-gros-cèdres-en-santé du sommet de la paroi. Mais, alors que j’effectuais la longueur la plus difficile que j’ai faite en tête à date, il y avait 2 cordées dans Mindbender sur ma gauche et une autre un peu plus loin dans Plug and Chug, histoire de m’aider à garder les deux pieds bien sur terre… Leçon apprise ? Faire une meilleure lecture de la glace en terrain raide soutenu et réajuster la stratégie au besoin ! Le 20 février, Jules goûtait pour la première fois aux voies de Frankenstein et aux approches relaxes de l’endroit. Nous avons d’abord mis nos dents dans Dracula, la méga classique de la paroi, que j’ai grimpée en tête sans dragonnes, au complet (c’était, comme disent les américains, un hook fest). J’ai bien aimé l’expérience ! Puis Jules s’est délecté dans Bob’s Delight et ensuite dans la magnifique Chia Direct. Au retour, nous savions que la vie nous avait gâtés !

 

Les mâcons inférieurs

 

Le 19 janvier est une date à ne pas oublier car à elle seule, elle rétablit la moyenne de température pour tout le mois de janvier. Pas de meilleure journée pour se taper Twenty Below Zero Gully à Willo ! Nous étions 2 cordées distinctes côte à côte (Jules avec Louis et Chuck avec moi) mais c’est Chuck qui a hérité de la dernière longueur : normal, la glace n’était pas belle ! A la fin de la journée, il ventait autant…Le 23 janvier a été une journée comme on en voit rarement en janvier. Dès notre arrivée au lac, le soleil chatouillait la paroi de Twenty Below, avec un grimpeur  engagé dans la 1ere longueur. Pas de vent non plus : donc pas de meilleures conditions pour aller gravir Float Like a Butterfly. L’allure de la voie avait passablement changé depuis le 14 janvier, soit seulement 9 jours plus tard ! La première longueur peut s’étirer tant qu’on veut mais sans véritable replat pour les pieds. J’ai choisi de couper court après avoir grimpé plus de 50 m. Chuck a ensuite pris la relève pour la deuxième longueur, plastique mais funkie dans la partie raide ! Jules a bien apprécié ce passage aussi (nous étions trois). Après une longueur facile jusqu’aux arbres, nous avons décidé de rejoindre le sentier pour ne faire qu’un seul rappel dans Right Tablets. Le 28 janvier, nous avions dans la mire la classique Glass Menagerie à Willo. La ménagerie, c’est pour l’ambiance qui régnait lorsque les 4 comparses que nous étions se sont retrouvés à mi-paroi sur une vire arrachée à la glace à grands coups de crampons. Glass, c’est pour verre : comme la consistance de la glace tôt le matin, mais aussi pour les nombreux « Glace ! » criés tout au long de la journée. Après 2 tentatives d’assassinat par tir de mortier (habilement esquivées par Dany et yours truly) de la part de Louis-Châteauneuf-du-Pape-Morissette, on s’est dit qu’on pourrait toujours revenir une autre fois. Il y avait du monde partout en cette belle journée sans vent, dont dans la toujours aussi fréquentée Twenty Below et dans la rarement gravie China Shop. Le 2 février, Diane et moi avons opté pour Blue Room à Smuggs. Il règne une belle ambiance dans ce petit bijou (que j’avais grimpé une seule fois auparavant). Diane a vite fait de hooker jusqu’en haut du court pilier qui donne du piquant à cette classique. Nos efforts du 4 février pour Gringalet ont été vains. Jules et Bertrand (pas les castors) sont arrivés 5 minutes en retard sur une cordée d’Ottawa-Calgary et en avance de 3 minutes sur un autre groupe de 3, également d’Ottawa. Nous n’avons pas voulu poser notre candidature pour le prix Darwin 2007 et sommes redescendus au lac, où nous avons découragé une cordée de St-Hyacinthe qui approchait de monter à la base de la voie. Bilan des prétendants : 9 personnes !

 

La marche d’approche

 

Non mais quel début de saison horrible ! Le réchauffement de la planète par ci, El Nino par là. N’empêche, de la glace, c’était possible d’en trouver… mais en cherchant bien. D’abord dans Shoestring Gully le 21 décembre avec Charles. Il s’agit d’un long et facile couloir à l’ambiance alpine de 2 500 pieds de longueur  (mas o menos) sur Webster Cliffs (Crawford Notch) mais il ne contenait pas de neige…juste un peu de glace qui allait heureusement en s’épaississant dans les dernières longueurs.  Au sommet : le désert ! Puis le 27 décembre, Diane et moi prenions de l’air dans Willye’s slide dans Crawford Notch : mince, mais facile et agréable !  Le 30 décembre, nous avons enfin connu une vraie journée d’hiver dans Elephant’s Head Gully à Smuggs, me permettant de prendre une photo intéressante d’un grimpeur qui s’élevait dans Watership Down. La tendance s’est maintenue au début de 2007 mais la première longueur de Gringalet au Pinnacle, quoique presque toute en rocher, fut quand même plaisante à gravir le 3 janvier, quoique pas autant que Grand Confusion à Smuggs le 4 janvier, soit le lendemain, où je pouvais assurer Diane nu-mains ! Nous avons dû ensuite patienter au 13 janvier pour trouver un Parasol Gully en glace fraîche  dans Dixville Notch . Mais c’est le lendemain, soit le 14 janvier, que l’hiver livrait finalement ses promesses à Willoughby : les 2 longueurs de Zephyr (NEI 3, 5.4 - mon œil dans ces conditions) nous ont ravi au point de redescendre en rappel à la noirceur…L’hiver s’est finalement installé : à vos piolets !

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